À mi-mandat, Carole Delga et sa majorité sondent les Occitans sur le terrain

27 octobre 2025

Sur les parkings de supermarché, dans les galeries commerciales ou les universités, sur les marchés, les festivals, les évènements sportifs, les salons emploi…, mais aussi par du porte-à-porte : avec ses élus de la majorité régionale, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie et de Régions de France, a voulu « partir à la rencontre des habitants dans leur vie quotidienne », convaincue qu’il est temps de « faire de la politique autrement. Nous voulons avoir une autre relation au peuple. Nous ne nous enfermons pas dans des hémicycles capitonnés et ne restons pas dans l’entre-soi », explique-t-elle à la presse le 24 octobre à Montpellier, aux côtés de plusieurs élus de sa majorité.  

Carole Delga tournée mi mandat
Sur le marché de la Reynerie à Toulouse. ©Région Occitanie

Beaucoup des habitants rencontrés ont été surpris, d’après elle, « qu’on aille à leur rencontre sans but électoral. J’ai souvent entendu : ‘Vous venez nous voir pour quelle élection ?’ Quand on leur expliquait la nature de la démarche – les écouter sur leurs priorités -, ils nous répondaient souvent : ‘Ah mais vous venez pour nous écouter vraiment ? »  
Durant trois mois, d’avril à juillet, environ 30.000 personnes ont été rencontrées, à travers 330 rencontres.  

Les trois priorités principales exprimées par la population :  
. Soins médicaux de proximité : recruter des médecins, soutenir l’hôpital public, relocaliser en Occitanie la production de médicaments.  
. Mobilités : rouvrir les lignes de train en dehors des métropoles, aider les territoires à créer des pistes cyclables, arrivée de la LGV à Toulouse, Béziers, Narbonne et Perpignan.  
. Vivre-ensemble : sensibiliser les jeunes à l’égalité hommes/femmes et lutter contre le racisme et l’antisémitisme ; Aider à rénover et créer des commerces et services de proximité dans les zones rurales ; Equipements sportifs et culturels de proximité.  
Parmi les autres préoccupations recueillies sur le terrain : transition énergétique et biodiversité ; Conditions d’études des jeunes ; Alimentation saine et locale ; Création d’emplois.  

Pourquoi cette démarche initiée à mi-mandat ? « Montrer que nous n’avons pas peur du peuple » Elle a replacé cette tournée dans la continuité des concertations menées depuis plusieurs années : « Depuis les États généraux du rail et de l’intermodalité, la grande cause régionale de l’alimentation, le plan Habitat durable ou encore la création d’instances comme le Conseil régional de la laïcité et des valeurs républicaines… Il existe depuis dix ans un continuum de cette démocratie ouverte. »  

Parmi les thèmes les plus récurrents, la mobilité arrive dans le trio de tête. « C’est une préoccupation très forte en Occitanie, la région la plus enclavée de France. » La présidente a rappelé la politique offensive menée par la collectivité : « Quatorze millions de billets à un euro sont vendus chaque année. Nous sommes leaders en Europe. » Elle a aussi évoqué la réouverture de la ligne Montréjeau-Luchon : « Je suis lucide sur la densité de ce territoire, même si je le vois avec les yeux de l’amour (étant originaire du Comminges, ndlr). Mais 30.000 passagers en trois mois, c’est une fréquentation très forte, surtout parmi les jeunes, pour se rendre dans les Pyrénées. » Carole Delga a souligné les efforts engagés sur les pistes cyclables : « C’est plaisant de voir qu’elles sont utilisées, y compris en semaine. » Sur la LGV, elle observe : « Il y a une forte attente sur le Biterrois, mais aussi sur l’aire toulousaine, où 89 % des habitants l’attendent. » En matière de transports, « l’offre de la Région n’est pas assez connue. Il faut par exemple mieux faire connaître l’application Fairtiq, améliorer la lisibilité des horaires et la complémentarité intermodale ».  

« Bien sûr qu’il y a de la défiance » 

Les élus régionaux échappent-ils à la crise de confiance entre les Français et leurs représentants ? « Nous ne sommes pas exempts de la défiance, soyons lucides. Il faut se confronter au réel, et ne pas ergoter sur des plateaux télé sur des sujets comme le wokisme, qui intéressent 0,05 % de la population. »  
Il reste encore, 10 ans après la création de l’Occitanie, des progrès à faire sur les compétences de la Région, mal identifiées. « À Cazaubon, dans le Gers, on nous a dit : “La Région… C’est la Région des cars rouges ?” » Cela étant, le montpelliérain Christian Assaf observe une meilleure connaissance des politiques régionales. « Les gens savent qu’on s’occupe des transports, des aides à la rentrée scolaire, des maisons de santé. » Et d’ajouter : « Carole Delga, on sait qui c’est, et ça aide énormément. » Pour lui, « l’identité Occitanie génère une adhésion. Le sentiment d’appartenance à la région est remarquable, alors qu’elle n’a que dix ans. Cette transformation est réussie. » 

« Les Français excédés par les immigrés, c’est une manipulation »  

« On veut nous présenter les Français comme excédés par les immigrés, c’est une manipulation. La question de l’immigration n’est pas vécue comme la seule cause de l’insécurité, même si c’est un enjeu qu’il faut bien sûr traiter. » Ainsi, sur le marché de la Reynerie (quartier Politique de la Ville, Toulouse), l’élue explique qu’elle s’attendait à être assaillie de questions sur les enjeux de sécurité- « J’avais préparé des fiches », glisse-t-elle. Alors que les échanges ont porté sur, notamment, l’importance de l’ordinateur gratuit au lycée. « Une maman voilée est venue me voir et m’a dit : “Merci pour l’ordinateur. Grâce à vous, ma fille n’aura pas la même vie que moi.” »  

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« Les énergies marines plébiscitées dans l’Aude » 

Pour Benjamin Assié, élu audois, la tournée a montré la diversité des publics rencontrés : « En face de nous, il n’y avait pas que des gens acquis à notre pensée. Il y a des contraintes fortes, notamment budgétaires, mais des choses peuvent se faire. » Il a cité le dispositif ‘Ma Santé, Ma Région’ : « Il a permis à certains d’avoir à nouveau un médecin traitant. Certains n’en avaient pas depuis dix ans. »  
Concernant les énergies renouvelables, il déclare : « Le volontarisme de la Région sur les énergies renouvelables est plébiscité par la population. Moi qui suis Audois, du littoral, je constate que les habitants voient d’un très bon œil le développement de filières qui créent des emplois et des formations. Les éoliennes offshore, par exemple, produiront pour l’équivalent de 126.000 habitants. » Selon lui, « la guerre en Ukraine a fait prendre conscience aux gens l’urgence de la souveraineté énergétique. »  
Selon le Tarnais Vincent Garel, président du CRTL Occitanie, la santé reste un sujet central : « Ce n’est pas une compétence régionale, mais c’est une demande très forte des citoyens, dans les territoires ruraux comme dans les villes. » 

Aider dans les arbitrages budgétaires  

Alors que des arbitrages budgétaires vont devoir être faits, la démarche « nous permet d’identifier les priorités absolues, notamment dans les politiques de transport et de culture. » L’ex-ministre relève des différences d’attentes : « Dans certains territoires, il y a une très forte demande d’événements culturels. À l’inverse, certains territoires très bien dotés n’ont pas besoin d’autres initiatives. Il faut donc renforcer l’effort ailleurs, comme en Lozère. » 
Concernant le contexte budgétaire national, il appelle selon elle un effort collectif. « La situation financière de la France est grave : plus de 50 % de la dette n’est pas détenue par des actifs français. Nous sommes à la merci d’autres puissances, dans un monde peu bienveillant. » Et d’ajouter : « Nous (les Régions, ndlr) voulons faire des efforts, à la différence par exemple de l’AMF, mais que ces efforts soient proportionnés. Dans le cadre du budget 2026, nous proposons au gouvernement 2 milliards d’euros d’effort pour l’ensemble des collectivités, et non 4,6 milliards. » 

Plus de décentralisation pour plus d’efficacité 

Enfin, Carole Delga défend une vision de la décentralisation tournée vers l’efficacité : « Sur la formation, ce sont les régions qui font le lien avec les entreprises. Y compris pour les aides économiques. » Elle a plaidé pour une gestion publique ou privée non lucrative des crèches et maisons de retraite : « Des grands groupes rémunèrent leurs actionnaires au détriment des couches et des repas. Ce sont des dépenses qui vont dans les poches de certains actionnaires. » Et de conclure sur la lutte contre le déterminisme social. « Il faut agir avant la maternelle. L’accès au vocabulaire est déterminant : dans les crèches, il faut former les assistantes maternelles à l’éveil, à la capacité d’apprendre à apprendre. » 
Lors de l’assemblée plénière de novembre sera présenté le plan “Occitanie Résiliente”, consacré au réchauffement climatique, à la lutte contre la sécheresse et à l’égalité des chances.  

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