On s’en fout

3 novembre 2025

Très révélatrice, la fausse polémique qui a suivi la victoire de Pauline Ferrand Prévot (PFP) sur le Tour de France cycliste féminin 2025. Accusée d’une supposée perte de poids excessive par ses adversaires et par des médias se répétant entre eux sans la moindre dissonance, la championne olympique a dû se justifier sur un terrain surprenant pour une sportive de très haut niveau. En effet, pour aller plus vite à vélo dans les cols des Alpes, les kilos en moins sont autant de secondes gagnées sur la concurrence. Une découverte scientifique de premier plan.
Il est étonnant qu’aucun confrère spécialisé dans le sport cycliste n’ait émis l’idée que ses adversaires, vexées d’avoir été dominées par une ‘étrangère’ venue du VTT, aient pu orchestrer une opération de communication malveillante. Dans le seul but de déstabiliser celle qui, sur la route, les avaient bel et bien massacrées, à la régulière – la 2e, Demi Vollering, a fini à 3’42’’ au classement général.
Étonnant, aussi, que personne ne se demande si cette polémique aurait pu enfler chez les hommes pour une perte de poids analogue – 4 petits kilos. Ne reste-t-on pas toujours et encore dans des clichés sexistes, entretenus pour le coup par des femmes, avec la complicité des médias ?Étonnant, enfin, de s’évertuer à occulter l’essentiel : PFP est la première Française, hommes et femmes confondus, à avoir gagné le Tour de France, après Jeannie Longo en 1989 et Bernard Hinault en 1985.
« La question du poids a été un sujet important pendant et après le Tour. Je trouve que c’est un peu injuste parce qu’on a parlé beaucoup de mon poids, mais j’ai simplement préparé la course de la meilleure manière possible », explique-t-elle avec pudeur au média espagnol Marca. Une réponse de poids, qui ne doit pas faire oublier une constante française : dans ce beau pays, décidément, on n’aime ni les riches, ni les vainqueurs.

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