Ne jamais réduire son interlocuteur à son apparence supposée. L’habit ne fait pas le moine, et son make-up ne résume pas une femme interviewée. Exemple criant avec Céline Torres, présidente du Pôle Habitat FFB Occitanie et pouvant être à tort réduite, en termes de passé et de point de départ, à son statut d’ex-Miss. En creusant derrière son post dominical et patriotique, Les Indiscrétions apprennent que cette dirigeante gardoise a eu un parcours des plus internationaux : ses 15 premières années en Afrique (Côte-d’Ivoire, puis Rwanda, que sa famille a dû quitter précipitamment lors du génocide, en bénéficiant de la protection de l’Etat en tant que ressortissants français), puis en Espagne pendant quatre ans. Si ses parents sont français, ses origines sont espagnoles (d’où son nom de famille), « d’Ibiza du côté de la famille de mon père et de Murcia du côté de la famille de ma mère ».
Pourquoi n’en a-t-elle jamais parlé, alors qu’on a l’a interviewée environ 55 fois ? « Parce que tout le monde fantasme sur les Miss, moins sur le génocide rwandais – beaucoup de mes amis non-français, notamment américains et belges, sont restés, et certains ont trouvé la mort, beaucoup d’enfants métisses de mon âge, que je connaissais, ont à l’époque été assassinés – et moins les difficultés d’intégration d’une Française en France, après avoir vécu presque 20 ans à l’étranger et qui découvre un pays – le sien – loin de l’image qu’il donne. »
Une vie d’ailleurs, qui lui fait poser un regard différent sur la crise politique actuelle. « Je ne comprends pas le désamour des Français pour leur pays. » Et nous, on ne comprend pas pourquoi on ne lui a pas posé toutes ces questions plus tôt. Pratiquer l’auto-critique ouverte, pour toujours progresser. Pas pour râler en boucle. Ce serait trop français.
On s’en fout
13 octobre 2025