On s’en fout

22 septembre 2025

La violence, la simplification outrancière des enjeux et/ou l’ultra-maîtrise de la communication dictent trop souvent le discours politique national ambiant. Une chose me frappe : de Mélenchon à Bardella, en passant par Attal, Darmanin (tous deux en meetings poussifs de rentrée, ce dimanche), Tondelier ou Faure, ça manque quand même singulièrement d’humour. Analysez leurs discours : orphelins de tout trait d’esprit, de tout second degré. Peut-être est-ce voulu, pour camper une posture de vainqueur – ce qui serait pire. Certains politiques, en aparté, sont pourtant capables de sorties délicieuses, voire d’auto-dérision. Et la langue française, l’esprit gouailleur qu’elle charrie en son sein, offrent des possibilités infinies, a fortiori quand on a la parole pendant plus d’une heure. On semble avoir oublié que ce sont là des armes absolues de séduction.  
Au demeurant, même les comiques actuels sont tristes, quand ils ne sont pas vulgaires. Vous ne trouvez pas ? « Ils sont à chier », résume un pote, pourtant stéréotype du bobo parisien et s’affichant comme tel. Si lui-même le dit…  
Que sont devenus les Frédéric Dard et autre Pierre Desproges ? Je n’en vois pas poindre à l’horizon. Si on devait employer une métaphore footballistique, je dirais que, quand on manque de technique, on essaie de compenser par l’agressivité. Allez, c’est pas grave, on va essayer de s’en foutre.  

Share This