« La quarantaine est la vieillesse de la jeunesse, la cinquantaine est la jeunesse de la vieillesse », écrivait Victor Hugo, célèbre influenceur du 19e siècle, alors qu’il était probablement arrivé à la cinquantaine.
Au fait, pourquoi les gens qui aiment fêter leur anniversaire… aiment-ils fêter leur anniversaire ? Faisant partie de la catégorie, je me suis posé la question. Pour recevoir des cadeaux de qualités inégales et avoir une bonne raison de râler sur l’ingratitude humaine ? Tenter de créer des liens entre ces amis qui ne se connaissent pas et n’ont a priori rien à voir entre eux ? Être au centre des attentions au moins quelques minutes ? Défier la mort ? Sortir des loisirs attendus en créant de l’émotion ? S’assurer que des gens nous chérissent encore ? Le plaisir de se casser la tête à organiser un événement réussi, comme si le travail n’y suffisait pas ?
Un peu de tout ça. Et j’ai encore pu le vérifier après avoir célébré, ce weekend avec ma moitié, nos cent ans sur terre. Chacun affichant un nombre égal d’années au compteur, la fête a été logiquement baptisée ‘Fifty / fifty’.
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Au fil des heures, dans cette manade authentique plantée de chênes et dépourvue de toute plaquette commerciale, les différences se sont jouées sur des détails. S’arrêter et regarder les quelque 60 invités, famille et amis mêlés, échanger avec un plaisir non dissimulé – signe d’une magie qui opère. Rejouer les récits d’anciens combattants – avec modération car c’est l’avenir qui nous attend. Surprendre son fils, devenu jeune homme, servir au bar les fêtards à 4 heures du matin, et y percevoir comme un reflet de ma propre jeunesse. Le temps d’une soirée, et sous l’insistance de vieux potes me voulant du bien, boire à nouveau quelques Ricard bien tassés, dont la violence anisée avait déserté mon palais depuis 25 ans.
Proposer à tous d’assister à une ferrade, et se délecter tout autant du ballet des ‘attrapaïres’ (jeune homme qui court après les taureaux de Camargue pour les attraper) et de la cérémonie très particulière du marquage de la bête, que des débats prévisibles, dans l’assistance, sur la souffrance animale, entre France rurale attachée aux traditions ancestrales et France urbaine qui mange des graines.
Mais à 50 ans, plus que jamais… On s’en fout.