
Développer le marché des éoliennes de seconde main à l’international. C’est l’ambition affichée par Nicolas Vrecourt et Alexandre Bousquet, cofondateurs de Renvo, entreprise montpelliéraine qui met en relation vendeurs et acheteurs d’éoliennes ou de pièces détachées, et assure la gestion des projets (inspection, démontage, transport, reconditionnement, remontage). « Aujourd’hui, les éoliennes sont souvent démantelées sans alternative, alors que leur durée de vie peut dépasser les 35 ans en changeant certains composants (contre 15-20 ans si rien n’est changé), explique aux Indiscrétions Nicolas Vrecourt. Jeter des composants en état de marche, c’est gaspiller une ressource industrielle précieuse. » Sa clientèle se compose des producteurs d’électricité, des acteurs de la maintenance d’éoliennes ou encore d’industriels qui souhaitent maîtriser leurs coûts d’énergie. Renvo supervise actuellement le démantèlement d’un parc de 5 éoliennes en Bretagne. « Trois d’entre elles seront réinstallées intégralement dans le sud de la France, et les deux autres seront revendues en pièce détachées », confie Alexandre Bousquet.
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Alors qu’il faut compter deux jours pour démanteler une éolienne, « il y a un travail administratif à mener en amont qui peut durer 12 à 18 mois », précise Alexandre Bousquet. La particularité du marché français : il y a l’étape reconditionnement qui prend du temps, qui n’est pas obligatoire dans d’autres pays européens où une opération de démantèlement-remontage peut être réalisée en 6 mois maximum.
L’avantage d’être basé en Occitanie ? « Nous sommes très bien positionnés géographiquement parlant, au cœur de l’Europe, et avec des ports bien équipés à proximité tels que Sète (34), Port-La Nouvelle (11) ou encore Fos-sur-Mer (13) », explique Alexandre Bousquet. Actuellement composée de ses deux fondateurs, Renvo projette de recruter 3 personnes courant 2026 « sur des postes de développement commercial (créer une communauté de seconde main en Europe, générer des contacts, trouver des opérations sur lesquelles travailler…) et sur la gestion de projets (planification d’étude, coordination des sous-traitants, fluidification des opérations…) », confie Nicolas Vrecourt.
L’entreprise montpelliéraine a participé entre 2024 et 2025 à la première promotion de Henera, programme d’incubation lancé par Montpellier Méditerranée Métropole. « Cette incubation nous a apporté de la structuration, et ils nous ont donné les codes de la création d’une société, que nous ne maîtrisions pas », se remémore Nicolas Vrecourt. « Le programme nous a permis d’échanger avec des dirigeants, certes de secteurs d’activités différents, mais avec des problématiques similaires aux nôtres », complète Alexandre Bousquet.