Contournement ouest de Montpellier, restrictions budgétaires : l’inauguration de la ligne A du bustram (Sablassou-piscine olympique d’Antigone), ce 22 mai à Cap Omega (quartier Millénaire / Eurêka, Montpellier et Castelnau-le-Lez) a pris des allures très politiques, à un an des élections municipales et dans un contexte de remise en cause de certains projets d’infrastructures. « Ce bustram va desservir 11.500 salariés, jusque-là sans solution de desserte de transport en commun. 25 ans après avoir inauguré sa première ligne de tramway, Montpellier inaugure son premier bustram. Les bustrams vont venir prolonger les lignes de transport de la métropole vers la première et 2e couronne, et les futurs cars express desserviront la 3e couronne dans le cadre du service express régional métropolitain », a martelé Julie Frêche, VP de Montpellier Méditerranée Métropole déléguée au transport et aux mobilités actives.
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Économe et réaliste. Le bustram est une solution « réaliste » et un choix « économe, c’est important de le dire vu le contexte budgétaire. C’est trois fois moins cher en investissement (qu’un tramway, ndlr) et deux fois moins cher en fonctionnement. Le bustram, c’est aussi des délais beaucoup plus resserrés : c’est trois fois à cinq fois moins longs que pour réaliser un tramway ». Les bustram dépasseront les automobilistes, grâce au voies dédiées centrales. « Et ça, dans la métropole de Montpellier, on ne l’a jamais vu. On est habitués à voir le bus derrière, ou devant. Là, les automobilistes verront passer, sur 75 % du linéaire, le bus passer à côté d’eux, quand ils seront dans les embouteillages. Le bus ne s’arrêtera qu’aux 8 arrêts sur les 4,5 km de cette première ligne. À son passage, les feux passeront pour lui automatiquement au vert. » De quoi susciter des changements d’habitude de mobilité, encore très centrées sur le tout-voiture chez les habitants de la périphérie ? « La voiture coûte cher, et prend de la place dans l’espace public. Nous voulons développer des alternatives », a indiqué l’élue socialiste. « Grâce au bustram, Castelnau sera relié aux deux gares TGV », a lancé de son côté Frédéric Lafforgue, édile castelnauvien. Le bustram doit ensuite relier Le Crès, Vendargues, puis Castries.
Delafosse remercie l’État. Dès le début de sa prise de parole, Michaël Delafosse a remercié le préfet François-Xavier Lauch, présent à ses côtés. « Je veux vous remercier chaleureusement du crédit accordé pour financer ce projet. Les temps sont durs pour la nation, du point de vue des finances publiques. L’État, ici, est venu soutenir l’effort de 3M à hauteur de 5 M€. Sans le soutien de l’État, nous n’aurions pas pu mener ce projet. Merci au soutien de vos services. Nous sommes dans un pays où il faut lever des montagnes pour mener les procédures réglementaires pour que les projets soient réalisés. »
Le préfet Lauch veut faire le COM. Après l’avis de l’Autorité environnementale sur le contournement ouest de Montpellier (consultable ici, 41 pages, assorties de plusieurs recommandations), le préfet a dit qu’il faut « continuer dans les mobilités au niveau de l’aire métropolitaine. C’est précisément le projet de Serm (service express régional métropolitain), pour dépasser les limites administratives de l’intercommunalité. On aura réussi quand on aura ce type de bustram sur l’A709 ou sur l’A75. Le service express régional métropolitain, c’est ça. On n’y est pas encore, mais c’est vers ça qu’il faut tendre, pour lutter contre l’autosolisme, les bouchons, les personnes qui mettent 1h30 pour aller à leur travail. Ce sont des sujets d’attractivité pour les entreprises qui veulent venir s’installer ici, et de pouvoir d’achat pour nos concitoyens. On va continuer au-delà. Je vous le dis : cette métropole a besoin du contournement ouest de Montpellier. Il est anormal qu’on arrive à faire la jonction entre deux autoroutes (A750 et A709, ndlr). Il est anormal que les flux, qui ne sont pas ceux de la métropole, passent dans la métropole, et que les habitants supportent une pollution qui devrait être localisée ailleurs (applaudissements dans l’assistance, ndlr). Sur ce dossier, l’État prendra ses responsabilités (le préfet insiste sur chaque syllabe du mot, ndlr). Et on fera naître ce beau projet dans les délais (horizon 2030, ndlr), dans la sécurité juridique qui est nécessaire ».