
La métropole de Montpellier privilégierait-elle, pour l’image de son développement économique, les entreprises liées à des secteurs ‘à impact’ (santé, ICC, EnR…), au détriment de PME aux activités moins sexy ? Les dirigeants de Breguiboul Distribution, grossiste spécialisé en confiserie, boissons, chocolats et épicerie auprès de 2.500 magasins de proximité, en ont bien l’impression. Depuis plusieurs mois, les trois associés sont à la recherche d’un terrain d’environ 9.000 m2, pour y construire un nouvel entrepôt et un siège social de quelque 4.000 m2 de bâti, afin de répondre aux normes de sécurité, de faire face à la croissance de l’activité et de stocker du biocarburant. L’actuel site, à Saint-Aunès à l’est de Montpellier, est devenu exigu.
Une solution de relocalisation est enfin en passe d’être trouvée, mais à environ 25 km, entre Nîmes et Montpellier. La PME devrait y déménager au second semestre 2027, après le pic de l’activité estivale. L’investissement devrait osciller entre 6 et 7 M€.
« On est freinés dans notre développement ». « Les services de la métropole nous reçoivent, et ne nous disent pas non. Mais ils ne nous offrent pas non plus de solutions. Conséquence, depuis deux ans, nous sommes freinés dans notre développement, explique Meriem Zekri, directrice générale, repreneuse en 2019 de la PME aux côtés de Laurent Lafforgue, et de Benoît Breguiboul, lequel incarne la 4e génération. Pourtant, nous créons des emplois non qualifiés, dont la métropole a besoin vu son niveau de pauvreté, et nous avons obtenu les accords bancaires pour notre projet. » « On a l’impression de se faire balader. Les activités logistiques, qui servent la ville et font vivre des personnes sans formation, ne semblent pas voulus », tranche Laurent Lafforgue. « Breguiboul distribue des chips, des sodas et des bonbons. Or, ce que nous ciblons, ce sont des activités à impact positif », admet, sous couvert d’anonymat, une source interne à la métropole. « Dans la ruralité, nous sommes attendus », s’agace Laurent Lafforgue.
42 emplois. Créée en 1929 par Léon Breguiboul, la PME emploie 42 salariés pour un chiffre d’affaires de 19 M€. Une vingtaine d’emplois a été créée en trois ans, assure la direction, qui explique sa croissance par « une flotte intégrée et une adaptabilité des chauffeurs aux demandes des clients. Les équipes apportent aussi un soin aux palettes livrées », détaille Laurent Lafforgue. Même si le futur site n’est pas très éloigné de l’actuel, la PME redoute que certains ne suivent pas. « On emploie des manutentionnaires, des caristes et des chauffeurs poids lourds. Ce ne sont pas de grosses rémunérations », conclut Laurent Lafforgue.