À nouveau un « mode pause » pour les entreprises, comme après la dissolution de l’Assemblée nationale de juin 2024 et l’incertitude qui s’en était suivie ? C’est la crainte de Benoît Derigny, président de Manpower France, interrogé à la REF 2025 (Medef). « On observe une situation de l’intérim qui s’améliore sur les derniers mois, sur les quatre derniers mois, après un début d’année compliqué, et les six derniers mois 2024, très compliqués. À partir de juin 2024, suite à la dissolution, l’économie a mis en mode pause les investissements et les embauches, face à un contexte d’incertitudes économiques. On n’avait plus de gouvernement, le projet de budget faisait état d’importantes économies, et la question qui se posait était en substance : ‘Qui va payer ?’ Si on transpose cette situation de 2024 à la situation actuelle, c’est peut-être ce que l’on va revivre. Il faut à nouveau faire un budget pour 2026, il faut économiser 45 à 50 milliards d’euros, et la question ‘Qui paye ? ’ revient à nouveau. Le ‘mode pause’ devrait être réenclenché par les acteurs économiques. C’est d’autant plus dommage que la tendance était plus favorable ces derniers mois. Moins l’incertitude économique durera, mieux c’est pour tout le monde. Une entreprise, qui réalise un budget comme l’Etat, ne peut pas se construire sans un peu de visibilité. »
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Les secteurs économiques qui ont, selon lui, retrouvé des couleurs : « L’agroalimentaire, l’aéronautique, la Défense, le matériel du transport, la rénovation dans la construction, les TP, un peu l’automobile. »
Il fait état d’une pénurie de talents sur « toute une série de métiers, notamment des métiers qualifiés et techniques de l’industrie (soudeurs, tuyauteurs, chaudronniers…) et du transport. On a une structure démographique telle, et un déficit de formation initiale et continue, qui fait qu’il y a des opportunités. »