Dans une (brillante) tribune publiée dans Le Monde, le 5 septembre, ce professeur de droit à l’Université de Montpellier incendie la stratégie électorale menée depuis 10 ans par François Bayrou et Emmanuel Macron. Jusqu’à l’échec du vote de confiance à l’Assemblée nationale, ce 8 septembre. « Les deux hommes se retrouvent enfermés dans un piège dont ils sont tous deux coresponsables : celui de ce que l’historien Pierre Serna appelle l’extrême-centre (…). Ils sont comptables d’une stratégie électorale commune dont ils récoltent aujourd’hui les funestes effets (…). Les causes de la situation que nous vivons aujourd’hui sont donc plus profondes que la seule dissolution hasardeuse du 9 juin 2024, souvent stigmatisée. Celle-ci n’aurait jamais pu faire émerger, du jour au lendemain, semblable tripartition sans la maturation préalable d’une stratégie dont Emmanuel Macron et son premier ministre actuel, dans leur désir commun de gouverner au centre, sont communément responsables. »
Sur l’actuelle tripartition politique (blocs de gauche, du centre et nationaliste) : à lire ici
« Les causes de la situation que nous vivons aujourd’hui sont donc plus profondes que la seule dissolution hasardeuse du 9 juin 2024, souvent stigmatisée. Celle-ci n’aurait jamais pu faire émerger, du jour au lendemain, semblable tripartition sans la maturation préalable d’une stratégie dont Emmanuel Macron et son premier ministre actuel, dans leur désir commun de gouverner au centre, sont communément responsables.
Cette fragmentation de la représentation nationale, qui semble aujourd’hui figée, ne permettra d’atteindre des majorités de circonstance qu’au prix d’une culture politique que nos voisins d’outre-Rhin savent pratiquer depuis longtemps : la culture du compromis, incompatible avec le fait majoritaire qui caractérise les usages parlementaires de la Ve République, longtemps habituée à la bipolarisation.
Quand un nouveau rapport de forces partisanes, tripartite en l’occurrence, n’est pas adapté aux mœurs politiques d’un régime qu’il est lent, par essence, de faire évoluer, il est évident que la machine parlementaire et gouvernementale se grippe. »