
La mare aux municipales
Santé, mobilité, urbanisme : le candidat Pascal Pintre livre ses axes de rupture

Il se lance, avec pour slogan « Agir pour Sète – Un nouveau souffle ». Fin connaisseur du développement économique et du marketing territorial – il a dirigé l’aéroport de Béziers puis, entre 2021 et septembre 2025, l’agence d’attractivité Blue Invest, couvrant le bassin de Thau -, le Sétois Pascal Pintre lance, le 23 octobre, sa campagne pour les élections municipales de 2026, dans un bar le long des quais, devant près de 300 sympathisants.
Il est le 5e candidat déclaré pour la Ville de Sète (34), après Laura Seguin (élue municipale d’opposition, liste de gauche), l’élu régional et municipal socialiste Sébastien Denaja, Sébastien Pacull (RN) et l’actuel maire, Hervé Marquès, ayant succédé en mai à François Commeinhes, poussé à la démission après sa condamnation pour détournement de fonds publics.
Entouré de futurs colistiers, dont l’ancien élu municipal Henri Merz, l’ex-restauratrice Aurélie Beltra et le pharmacien Pedro Escudero, Pascal Pintre veut mener une liste « sans étiquette, républicaine et d’ouverture », pour « incarner une rupture avec François Commeinhes », après 25 ans d’un règne qu’il a cependant soutenu – comme directeur de campagne en 2020, puis François Commeinhes ayant été son coprésident à l’agence Blue Invest.
Faire de l’entrée Est une base arrière du port
Le candidat plaide notamment pour « un modèle de croissance raisonnée : Il faut du dynamisme économique, pas démographique. L’objectif de gagner 10.000 habitants n’a pas été une bonne chose pour la ville. Il faut préserver notre cadre de vie, et revenir à une logique de proximité : santé, sécurité, qualité de vie. »
Sur le plan économique, le candidat veut « consacrer les dernières friches à l’activité économique au sens large : culture, loisirs, emploi, formation ». Il a notamment cité l’entrée Est, « un secteur à reconsidérer totalement. Si nous sommes élus, nous rencontrerons le groupement titulaire de la concession pour revoir complètement la copie. Le projet de réalisation a été voté, mais il est imparfait. Aujourd’hui, le projet prévoit encore 2.400 logements neufs, soit environ 7.000 nouveaux habitants. Nous ne voulons pas de telles proportions. Il faut préserver le cadre de vie. Sète est une presqu’île, avec des limites à ne pas dépasser : infrastructures, stationnement, mobilités, canaux, ponts… À un moment, on atteindra la saturation. Il faut prendre le temps de se demander ce que nous voulons vraiment faire. » Avant d’ajouter que les programmes déjà livrés ou en cours de commercialisation « ne se vendent pas facilement, à des prix supérieurs à 5.000 ou 6.000 euros du m² », et « ne sont pas en phase avec l’identité paysagère et architecturale de la ville ».
Dans ce secteur d’entrée Est, Pascal Pintre souhaite développer « des activités tertiaires et de services, en lien avec le port de Sète. Le port, c’est 1.800 emplois, il n’y a aucune raison que la ville ne prenne pas sa part à son développement. »
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Pôle de loisirs à développer
Il voit dans cette zone « un pôle culturel déjà amorcé », autour du conservatoire Manitas de Plata, qu’il juge « plutôt heureux » et qu’il souhaite « élargir et compléter avec une base de loisirs pour les jeunes. Pour la jeunesse à Sète, il n’y a pas de loisirs, pas de bars à thèmes, pas de bowling… Or, la culture, c’est aussi de l’emploi et de l’activité économique. »
Autre priorité : le développement de l’enseignement supérieur. « Le pôle universitaire à Sète est une très bonne chose. Il faut des étudiants, et je prône aussi l’implantation d’écoles supérieures privées. Ce n’est pas une compétence du maire, mais ce n’est pas une raison pour ne pas porter une ambition en la matière », déclare celui qui se présente comme « un Sétois depuis 1860, soit 5 générations », et qui est père d’un garçon de 19 ans.
Trop de résidences secondaires
Concernant les difficultés croissantes de logements, Pascal Pintre souhaite engager une révision du PLU, en priorisant les résidences principales et en réduisant « drastiquement » la densité et la hauteur des nouveaux programmes d’habitat. « À Sète, il y a 7.000 résidences secondaires sur 31.000 logements. C’est un vrai sujet. Les Sétois ne trouvent plus à se loger, sauf à s’acquitter de loyers exorbitants. Il faut corriger cette équation, qui est insupportable. » Pour lui, cela passe par « l’arrêt des nouveaux programmes immobiliers destinés aux résidences secondaires », et par « le soutien à la réhabilitation de l’immobilier ancien ». « Il faut prioriser les résidences principales, continuer de réinvestir le centre et soutenir la rénovation de l’existant. »
Sur l’entrée Ouest, il prône une revégétalisation : « C’est aujourd’hui un espace trop minéral. Je prône un vaste plan de végétalisation sur 5 ans, la création de parcs et d’îlots de fraîcheur, pour mieux se prémunir d’épisodes de canicule de plus en plus fréquents. »
Côté mobilités, le candidat veut « revoir les flux de circulation » et « mettre en place une tarification différenciée entre résidents et visiteurs ». « Comme à Venise – et Sète est la Venise du Languedoc – nous étudierons la création d’un ‘Vaporetto’ électrique pour relier les quais et faciliter les déplacements d’un bord à l’autre. »
Sur le plan sanitaire, il déplore « la disparition des dermatologues et des cardiologues » et « un vrai problème d’accès aux soins ». Il met en avant « deux grands axes : retrouver une ambition pour l’hôpital public et développer des maisons de santé pour favoriser l’installation de spécialistes ».
« Il faut aborder la ville autrement »
À ses côtés, Henri Merz a démissionné de son mandat de conseiller municipal en mai, en désaccord avec le mode de désignation du nouveau maire, après la démission contrainte de François Commeinhes. « Pascal a bien travaillé en 2020 pour la campagne du 4e mandat de François Commeinhes. Les Sétois m’ont accueilli, marié, fait travailler. La politique m’a formé, elle m’a permis de rencontrer beaucoup de gens, je ne renie pas le passé. »
Aurélie Beltra, ancienne commerçante à Sète, aujourd’hui impliquée à la CCI en tant que conseillère technique, les conseils de quartier et le Club des Entrepreneurs de Blue Invest, dit avoir « beaucoup d’énergie à revendre. Je m’intéresse à la santé et à l’enfance. La tête pensante (François Commeinhes, ndlr) n’est plus là, il faut que ça change. »
Pour Maïda Masseboeuf, analyse risque crédits à la Banque Populaire du Sud (et fille de l’ancien entraîneur du FC Sète), « cela fait plusieurs mandats que nous avons les mêmes personnes. Il faut aborder la ville autrement. Sète, tout le monde sait où c’est, mais il est temps qu’on en parle différemment. »
« Je n’ai jamais été encarté »
Pascal Pintre revendique une démarche non partisane : « Je n’ai jamais été encarté. Les logiques partisanes appartiennent à un autre âge et ne répondent pas aux problématiques locales. Les projets réussissent quand on fédère les énergies. » Il promet une « démarche collégiale et collective », et explique que la rédaction du projet est « en cours d’achèvement ». « Nous voulons constituer la meilleure équipe, avec les bonnes personnes au bon endroit. Des gens qui n’ont jamais fait de politique, beaucoup d’actifs, avec des parcours professionnels solides, identifiés dans leur milieu, leur quartier ou leur génération. Une liste la plus représentative possible de la ville. Ce rendez-vous est important pour les Sétoises et les Sétois. Dans cinq mois, sauf report du scrutin lié à la situation nationale, nous aurons à faire un choix majeur, après un cycle de 25 ans. Il y a eu de belles réalisations, mais rien n’est acquis. Nous pensons que le modèle fondé sur l’attractivité a produit des réussites, mais aussi des effets de bord indésirables. Il faut changer de modèle et d’équipe pour y répondre. »