Controverses by Mozart : retour sur le débat Ménard / Revault d’Allonnes 

27 octobre 2025

Jeudi 16 octobre, au Domaine des Grands Chais de Mauguio (34), plus de 300 décideurs économiques et politiques se réunissent pour la première édition des Controverses by Mozart, du Cercle Mozart. Sur scène, Robert Ménard, maire de Béziers, et David Revault d’Allonnes, rédacteur en chef de L’Hémicycle et éditorialiste politique, ont croisé le fer pendant près d’une heure et demie. Un débat dense, coanimé par Hubert Vialatte et Sarah Nguyen Cao Khuong (Agencehv), sur fond de crise politique et de défiance nationale.  

Controverse by Mozart
©Mario Sinistaj

Une démocratie essoufflée. Robert Ménard juge sévèrement l’accord PS / Macronie – suspension de la réforme des retraites pour éviter la censure du gouvernement. « Je suis honteux de ce que sont devenus nos politiques. Ils promettent tout et font le contraire, juste pour sauver leur poste. » Le maire de Béziers fustige une classe politique qui, selon lui, « démontre son absence de morale » et ne tient plus parole. Il invoque le général de Gaulle, « qui au moins démissionnait quand il perdait un référendum ».  
David Revault d’Allonnes, dans un rôle plus mesuré, partage le constat d’un pouvoir bloqué. « La France est à l’arrêt. Après avoir promis une révolution, Emmanuel Macron se retrouve incapable de réformer quoi que ce soit. Nous vivons une impuissance politique totale. » 

L’union des droites, vieux rêve ou réalité imminente ? Chantre de l’union des droite, Robert Ménard n’y croit plus. « Ils (les élus, ndlr) ne pensent qu’à eux, chacun est dans son couloir, tu ne peux pas les faire bosser ensemble ! », tempête le maire de Béziers. David Revault d’Allonnes, en revanche, évoque la situation italienne, où la droite dure s’est alliée à la droite traditionnelle : « Ce n’est plus tabou en France. » Avant d’ajouter : « S’il y a une dissolution dans un mois ou deux, je vous garantis que l’union des droites va déjà se faire et qu’il y aura des députés et des candidats qui feront alliance avec le RN. Moi, je pense que l’Union de droite est en train de marcher. »  

La France est-elle réformable ? Aucune hésitation pour Robert Ménard. « Non, pas tant qu’on sera empêtrés dans les normes et la bureaucratie. Le moindre projet est bloqué par un lézard ocellé ! », affirme-t-il en brandissant une pancarte représentant le saurien. Selon David Revault d’Allonnes, « le poids des normes, c’est aussi le résultat d’une Europe paralysée. On se plaint d’un excès de règles, mais personne n’a le courage d’en supprimer. »

Nouveaux rapports de force. Interrogé sur le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Robert Ménard relativise : « Il n’est élu que pour quatre ans, mais il a compris une chose : le monde est redevenu brutal, et seul le rapport de force compte. » David Revault d’Allonnes complète. « L’Europe ne peut plus se contenter d’être une puissance normative. Elle doit redevenir une puissance d’influence. » Tous deux appellent à une Europe plus assertive, moins “repentante”, plus confiante dans ses atouts. « Arrêtons de nous autoflageller ! », martèle Robert Ménard. 

Les maires, bastion de confiance. Enfin, à l’heure du désamour entre les Français et leurs représentants, les élus locaux tirent leur épingle du jeu. « Les maires restent les seuls crédibles », veut croire Robert Ménard, lui-même maire et candidat en mars pour un 3e mandat à Béziers. « Mais c’est un métier épuisant, mal payé, et souvent dangereux. » David Revault d’Allonnes acquiesce : « Les maires incarnent encore un lien réel avec les citoyens, là où la politique nationale s’est déconnectée. »  

Share This