Jean-François Rezeau, fronde des CCI 

27 octobre 2025

Même si on a du mal à croire à la réalité de la menace de démission de certains présidents de CCI, en réaction aux coupes budgétaires prévues dans le projet de loi de Finances 2026, la grogne est bien là. Et s’exprime à Toulouse, le 23 octobre, en clôture de l’événement Occinergies. « Le projet de loi de finances prévoit une baisse d’un tiers du budget des CCI. C’est une décision incompréhensible, contraire aux engagements de l’État et aux besoins des entreprises », indique Jean-François Rezeau, président de la CCI Occitanie. Pour le réseau des 13 CCI territoriales, cette coupe représenterait 14 M€ de pertes en 2026, « menaçant directement les missions d’accompagnement, de formation et de soutien à l’économie locale. On est en risque de perte de 200 emplois ». Ce, alors que les besoins d’appui n’ont jamais été aussi forts (lire en ‘Décodage’ les chiffres d’Allianz Trade sur les défaillances en Occitanie au T3 2025). « En dix ans, les CCI d’Occitanie ont déjà contribué à l’effort du budget de l’État, avec une baisse de 66 % de notre dotation (taxe affectée). Le réseau s’est transformé, en passant de 1.200 à 700 collaborateurs. On considère que nous avons déjà fait l’effort demandé. En parallèle, les ministères nous sollicitent beaucoup. Notre feuille de route dans le cadre des missions des CCI reste dense. On nous enlève de la ressource, mais les opérations se rajoutent chaque année, en fonction des besoins des entreprises, sur l’IA, la décarbonation, l’accompagnement sur les transitions… » 

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Rationalisations. Jean-François Rezeau admet néanmoins qu’il faut « se concentrer sur les actions à forte valeur ajoutée », et « encore plus mutualiser au sein de notre réseau. On a trop multiplié les acteurs. L’un des axes de rassembler, simplifier et rationaliser le nombre d’acteurs en lien avec l’accompagnement des entreprises : agence Ad’Occ, CMA, Bpifrance… » Il prône « une réflexion globale, au niveau régional, opérateurs d’État et chambres consulaires. L’ensemble de l’écosystème va connaître une forte baisse de ses moyens, ce qui va obliger à réfléchir à travailler ensemble et à plusieurs étages – se rassembler, mutualiser des opérations et des services supports. On se retrouve à plusieurs dans la mare (sic). » Il invite l’État à « prendre ses responsabilités, en favorisant des axes de rapprochementJe serai inflexible sur un sujet : le maintien du maillage départemental. La force de l’accompagnement des entreprises passe par la proximité. Elles en ont besoin. Nous privilégierons toujours les CCI territoriales. Je m’opposerai à une vision qui consisterait à encore centraliser. J’ai une conviction portée par mon expérience professionnelle. Centraliser, regrouper, quitter certains territoires, c’est s’éloigner des clients, en l’occurrence les chefs d’entreprises. Si on s’éloigne d’eux, on aura plus de mal à démontrer notre impact auprès d’eux. »  
Parmi les axes : trouver de nouvelles ressources. « Mais on ne peut pas se transformer aussi vite. Avec des règles du jeu qui changent en permanence, c’est difficile de s’adapter », lance Jean-François Rezeau.  

La réaction d’André Deljarry : « Depuis plusieurs années, le réseau a engagé une importante transformation interne. Les efforts de rationalisation et de modernisation ont permis de maintenir l’efficacité des services malgré les contraintes financières. Nous proposons une stabilité jusqu’en 2027 avec en contrepartie un prélèvement sur le fonds de roulement des CCI de 100 M€ sur 4 ans », renchérit André Deljarry, président de la CCI 34 et vice-président de la CCI Occitanie.

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