Depuis Lattes (34), TotalEnergies Renouvelables supervise toutes ses centrales renouvelables en France

13 octobre 2025
TotalEnergies Renouvelables France centre de conduite Montpellier 1 - Les indiscretions
©Jules Mestre

430. C’est le nombre de centrales d’énergie renouvelables TotalEnergies Renouvelables pilotables à distance depuis un centre discret installé à Lattes, aux portes de Montpellier. Tout se joue dans le Centre de contrôle et commandement des opérations (O3C), une petite salle d’une vingtaine de mètres carrés, au milieu d’un bâtiment de 1.500 m2 comptant 130 collaborateurs. « Nous pouvons mettre à l’arrêt temporairement n’importe quelle centrale en cas de prix négatifs ou de surproduction », explique Yann Beusnard, responsable du centre. TotalEnergies Renouvelables s’est implanté à Montpellier en 2019, pour en faire son centre névralgique national.

2 gigawatts à gérer. La filiale TotalEnergies Renouvelables France, forte de 500 collaborateurs, gère 2 GW de capacités installées – soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires – répartis entre éolien terrestre, solaire au sol, toitures, ombrières et projets agrivoltaïques.

Plus de 100 appels par jour en moyenne. Au quotidien, le centre suit la vie de chaque site. Les interventions sur le terrain sont coordonnées depuis Montpellier : aucune entrée sur un site n’a lieu sans signalement, et les opérations électriques sont strictement synchronisées pour éviter tout accident. En moyenne, l’O3C reçoit une centaine d’appels par jour. Au total, quatre équipes de deux collaborateurs se relaient, afin d’être joignables 24h/24.
En cas de canicule ou de tempêtes tropicales, les travaux sont suspendus. Même la faune a ses protocoles : dans l’Aude, les éoliennes s’arrêtent en moins d’une minute lorsqu’un aiglon protégé est détecté à proximité des pales.

L’obligation d’anticiper. Chaque jour, à 13h30, tombent les prix de l’électricité pour le lendemain. Si les prix deviennent négatifs, les coupures sont programmées à l’avance. Même en cas de perte de communication, la centrale s’arrête automatiquement. Ne pas respecter cette règle coûte cher : les pénalités vont d’un centime à 7 000 € par MW, selon la gravité. À l’inverse, une prime de 60 € par MW non produit récompense les arrêts anticipés. « Le but est d’équilibrer le réseau via les prix plutôt que par des contraintes physiques. On n’a pas vraiment le choix, et ces 60 € par MW non produit ne compensent pas la perte pour être honnête », résume le responsable.

L’IA s’invite dans l’équation. Pour jongler entre météo, marché et maintenance, l’intelligence artificielle est devenue indispensable. Elle aide à prévoir la production, trier les alarmes selon leur gravité et prioriser les interventions : incendie, perte de production, intrusion…

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