Attractivité commerciale : les dessous de Visio Commerce Montpellier

6 octobre 2025
visio commerce
©DR

Pourquoi Montpellier ? Paroles d’enseignes. Atelier Tuffery, implanté depuis juin 2024 sur le boulevard du Jeu de Paume, Sostrene Grene, qui va ouvrir un magasin de 300 m2 sur Maguelone (immeuble Le Capoulié, propriété de la Ville) et Decathlon, qui vient de s’installer sur 200 m2 au Polygone Montpellier : trois enseignes ont livré leurs témoignages.  

« Le ‘piège’ montpelliérain s’est refermé sur nous… On n’était pas forcément censé y rester, à Montpellier, plaisante Julien Tuffery (Atelier Tuffery). Mais Montpellier, pour nous, a été un laboratoire. Le fait d’avoir pu bénéficier d’un pop up store, place de la Comédie, nous a permis de tester la profondeur du marché de la métropole, avant de partir sur une implantation pérenne. » Tuffery va ouvrir dans les prochaines semaines un nouveau magasin à Paris, dans le quartier du Marais, rue des Blancs-Manteaux. Guillaume Sarthe distingue plusieurs atouts spécifiques : « Dynamisme démographique, investissements locaux, mobilités notamment avec le tramway. Cela donne une lisibilité aux entreprises. Par ailleurs, les enseignes participent à la vie économique, culturelle et sportive de la ville. »  

Capoulié pour Sostrene Grene. Pour Jean Thiriez (franchisé Sud de la France chez Sostrene Grene), Montpellier est « la première ville que j’ai pointée. Sa réputation n’est plus à faire sur le commerce ». Il se dit avoir été séduit par la beauté de l’immeuble du Capoulié, même s’il reconnaît la présence de commerces peu attirants le long de cette artère – kebabs, etc. Sostrene Grene est censé jouer un rôle de locomotive pour amorcer une transformation du secteur.  

Tables et tennis de table. Michaël Delafosse, maire de Montpellier, a pointé les atouts de la ville : « qualité de vie, culture (musée Fabre, festival Radio France, MoCo…), sport (frères Lebrun au tennis de table, handball…), gastronomie (avec 6 chefs étoilés, « bientôt 8, et l’objectif d’atteindre les 10 en 2030 »), créant une destination attractive qui va au-delà du simple acte d’achat ».

Cédric Grail : « Une gouvernance partagée, dans un contexte commercial compliqué ». « Mon obsession, c’est d’arriver à avoir des stratégies commerciales connectées à la vie d’un quartier, aux futures demandes des habitants, aux évolutions d’Internet, etc. Montpellier est une destination touristique, avec 15 millions de nuitées par an et 5,4 millions de visiteurs. Entre le Polygone et la Comédie, tous les samedis après-midi, il y a, 80.000 personnes qui passent… La stratégie commerciale d’Altémed, de la Ville et de la Métropole, c’est d’éviter de tout faire en un seul lieu (allusion à la route de la mer, conçue à l’époque comme un espace 100 % commercial, ndlr). On peut parvenir à développer une offre fine grâce au partenariat entre la CCI, la Ville, la Métropole et Altémed. Cette gouvernance partagée nous permet d’être très opérationnels au jour le jour, dans un contexte commercial qui est compliqué. » 

Delafosse : « On va se donner les moyens de la coercition sur Ode à la Mer ». Interrogé sur le devenir du projet de requalification Ode à la mer (Lattes et Pérols), ralenti par l’arrêt du projet de la foncière Frey en 2020, Michaël Delafosse déclare : « Des acquisitions d’enseignes sont en cours. Des logements sont aussi construits. On est sur des proches de développement. C’est plutôt sur 2028-2030 qu’il y aura de la visibilité sur ce secteur. On se donnera un peu plus les moyens de la coercition (expropriations via une procédure de Zac, ndlr), pour être plus efficaces. Ce sont des opérations très compliquées à piloter. Cet axe est à très fort potentiel, entre la fin de la commune de Montpellier et le système lagunaire, desservi par le tramway. »    

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Cultura : pourquoi un refus à Odysseum ? L’enseigne Cultura (présente déjà Saint-Aunès dans l’aire métropolitaine) a essuyé un refus de CDAC pour un projet d’implantation sur une partie de l’ancien hypermarché Casino à Odysseum. « Cela m’interroge, alors que la population s’accroît, qu’il y a une demande et que les collectivités et institutions veulent travailler l’attractivité du territoire », déclare le représentant de l’enseigne depuis la salle. Réponse d’André Deljarry, président de la CCI 34 : « La CDAC a en effet été refusée, parce qu’il n’y avait pas de lisibilité définie sur la totalité du projet (ensemble de la surface de l’ancien hyper, ndlr). Il n’a pas un élu, une Chambre, qui peut donner un blanc-seing à un projet, s’il n’y a pas clairement toutes les enseignes de données. Bien sûr qu’il faut faire quelque chose sur cet espace. C’est une évidence. Mais je vous renvoie un peu la balle : dans la mesure où on peut travailler avec les services de la CCI, de la Ville, pour vous aider à avoir une meilleure lisibilité dans le projet, ça ne peut que fonctionner. Dans le principe, quand on va en CDAC, c’est qu’elle doit en fait déjà être accordée. C’est aussi simple que ça. Il y a tout un travail en amont à faire, avec les gens en responsabilité. Moi, j’ai découvert le dossier de CDAC à la CDAC. Ce n’est pas possible. Alors qu’on vous veut ! C’est la raison pour laquelle on vous réunit ce jour. » « Ma mission, c’est l’équilibre commercial. On doit avoir la certitude de ce qui va se passer ensuite. C’était trop compliqué pour nous, car tout cela est fragile, ce n’est pas à vous, professionnels du commerce, que je vais l’apprendre », complète Alban Zanchiello, adjoint au commerce du maire de Montpellier.  

Chiffres-clés. Présentée par Bruno Bouterin (CCI Hérault), l’étude Obséco délivre l’attractivité commerciale en chiffres : poursuite de la croissance démographique (+ 1,8 % par an sur 3M) ; 7.500 commerces de détail, 3.100 cafés, hôtels et restaurants et 7.800 services à vitrines. « La croissance est portée essentiellement par le secteur culture&loisir, ainsi que les établissements hygiène, santé et beauté ».  
L’aire métropolitaine concentre 40 % des commerces de l’Hérault et 43 % du CA des commerces du département – en clair, c’est l’endroit où s’implanter en priorité pour une enseigne voulant planter son drapeau en Occitanie Est. « L’aire d’attraction de l’appareil commercial métropolitain s’étend sur 6 départements », déclare-t-il, citant, outre l’Hérault, l’Aude, le Tarn, l’Aveyron, la Lozère et le Gard, pour une zone de chalandise globale du centre-ville de 800.000 habitants et une aire d’attraction « de près de 2 millions d’habitants ».  
Sur 2.300 locaux commerciaux dans le centre-ville, 19 % sont des enseignes nationales. Le taux de vacance s’élève à 9 %.  
Les chiffres d’affaires des commerces de la métropole s’élèvent à près de 3 Md€ en cumulé : 1,5 Md€ pour les produits courants (1,2 Md€ en 2020) et 1,4 Md€ pour les produits non alimentaires (1,3 Md€ en 2020). Dans l’activité non alimentaire, l’équipement de la personne pèse 524 M€, l’équipement du foyer 429 M€ et le bricolage / jardinage / fleurs, 217 M€.  

> Sarah Nguyen Cao Khuong et Hubert Vialatte (Agencehv) ont eu le plaisir de coanimer la matinée Visio Commerce – Journée Enseignes, ce 3 octobre au Musée Fabre (Montpellier). Nos références en matière d’animation sont accessibles en cliquant ici  

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