Les Indiscrétions avaient délivré l’information en exclusivité, en juillet – post Linkedin le plus lu de l’été sur notre compte : le Groupe Nicollin remporte 5 des 6 lots du marché de nettoiement et de collecte des ordures de la métropole de Montpellier. Ce contrat de 8 ans « débutera réellement en octobre 2026 », indique Olivier Nicollin, lors d’un entretien accordé ce 3 octobre. Il attribue ce quasi grand chelem, réussi face à des concurrents de taille – Pizzorno Environnement, Suez, Derichebourg Environnement, Urbaser et Paprec Group – « à notre connaissance de la métropole et à notre engagement à électrifier la quasi-totalité du parc de véhicules d’ici un an et demi. On a bien bataillé dans cet appel d’offres à étapes. Notre périmètre augmente un peu à Montpellier : on passe de 4 lots sur 5 sur le marché en cours à 5 lots sur 6 sur le prochain ». Le marché de la métropole de Montpellier représente « 10 à 12 % du chiffre d’affaires de la division Environnement (environ 550 M€ cette année, la partie Services représentant environ 220 M€). Le défi principal est de devenir la première métropole de France à décarboner totalement son service de collecte. Cela pose des difficultés, parce qu’à date, tous les gabarits de véhicules n’existent pas en électrique. Et qui dit électrification du parc, dit augmentation du coût, et donc augmentation des impôts des usagers ».
En termes de stratégie, le groupe familial, qui compte 12.000 salariés pour un CA d’environ 740 M€ en 2025, entend privilégier le secteur des services, « en forte croissance et où les appels d’offres sont très fréquents », au détriment de l’eau. Un projet d’acquisition d’une entreprise pesant plus de plus de 40 M€ de CA, basée au Portugal, est annoncé pour les prochains mois. Localement, deux marchés, en cours de renouvellement, sont à suivre : Grand Narbonne (11) et Sète Agglopôle (34).
Sur l’actualité fiscale et réglementaire, le PDG du Groupe Nicollin juge la taxe Zucman « débile (sic). Faire des efforts supplémentaires, pourquoi pas, mais on ne peut pas mettre une taxe sur une valeur potentielle de société. Prenez Mistral, qui fait de l’IA. Elle est valorisée à 2 Md€, mais les 2 % de son CA, elle ne les aura pas. Au bout d’un moment, il faut que le système soit intelligent ».
>Sur le même sujet : « Abandon du nouveau stade : les Nicollin ‘fatalistes’ », Les Indiscrétions du 15 septembre, en cliquant là.
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Il s’agace du poids croissant des normes, l’assimilant à un goût pour « l’autoflagellation. À un moment, il faut se détendre. La réduction de l’empreinte carbone du Groupe est un objectif qui n’est pas simple, surtout que nous sommes en croissance. La couche d’ozone, le réchauffement climatique, ce sont les Chinois, les Indiens, les Américains. Nous, en Europe et en France, on peut tous rouler en vélo, ça ne sauvera pas la planète (…). Dès qu’une loi nous paraît sympathique, au fin fond de la Lettonie, il faut la mettre en France. On ne s’en sort plus. Maintenant, c’est la réintégration de jours de congés pour les salariés qui ont été malades pendant leurs vacances. À un moment, trop, c’est trop ! Ça fait des années, de toute façon, que l’État envoie des patates chaudes aux entreprises pour régler des problèmes ». Comme le dépistage de drogue en entreprise (lire ici) : « On est obligés de contrôler l’alcoolémie et la présence de stupéfiants dans l’organisme de nos salariés. C’est le boulot des flics, pas le nôtre. Mais ça va faire des drames sociaux, cette histoire : on sait, aujourd’hui, que beaucoup de gens fument des pétards. Bientôt, je vais être obligé de virer des mecs parce qu’ils ont fumé un pétard la veille au soir ! Celui qui boit aura un test négatif le lendemain matin. Mais celui qui fume de manière régulière aura un test positif. Pourtant, le lendemain, il sera bien réveillé, et tout aussi apte à travailler que celui a bu la veille. La justesse des tests est selon moi à revoir. »
Comment garder un esprit familial, quand il y a plus de 12.000 salariés ? « C’est compliqué. C’est encore possible sur la partie Environnement, où on est 4.000. Sur la partie services, qui emploiera bientôt 9.000 personnes, c’est impossible à suivre. On espère que l’état d’esprit ruisselle, des directeurs généraux vers leurs adjoints, puis vers les équipes. »
Le dirigeant glisse enfin le relatif échec du CFA d’entreprise, inauguré en grandes pompes en 2019, en présence de la ministre du Travail.