À Bram, Delga « déçue » par les propositions de Lecornu, et une gauche hors LFI qui s’affiche unie

29 septembre 2025

Est-ce que les 2,4 tonnes de cassoulet servis le 27 septembre suffiront à rassembler les gauches ? « Si vous voulez des Tupperware, on en fera », sourit Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie, à l’issue du repas.  Le rassemblement des gauches, c’est l’une des questions-clés des 5e Rencontres de la Gauche. (On en parlait déjà, il y a un an, juste ici).  

Carole Delga désigne Bram comme l'un des rendez-vous majeurs de la gauche française.
Les Rencontres de la Gauche à Bram, « Fête de l’Huma du Sud », d’après Carole Delga (Région Occitanie)

À l’occasion de sa grande messe annuelle organisée à Bram (maire : Claudie Faucon-Méjean), Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie, a réussi à réunir tous les chefs de partis de gauche, « sauf Jean-Luc Mélenchon, que nous n’avons pas invité », précise Raphaël Glucksmann, chef du parti Place Publique. Marine Tondelier (EELV), Jérémy Bacchi, au nom de Fabien Roussel (PCF), Guillaume Lacroix (PRG) et Raphaël Glucksmann (PP) étaient présents. Même Olivier Faure (secrétaire général du Parti socialiste) est venu, lui qui faisait le choix de ne pas intégrer cet événement à son calendrier lors des années précédentes.  

Carole Delga lors du point presse des Rencontres de la Gauche.
©Jules Mestre (Les Indiscrétions)

Au bout de la cinquième année, ces Rencontres constituent désormais un rendez-vous majeur de la Gauche, « le plus grand de la gauche après la fête de l’Humanité », se félicite même Carole Delga. Au total, 2.700 personnes sont venues assister aux échanges, dans le parc des Essarts de Bram.  

Lecornu recalé au test Delga. « Je suis déçue à la lecture de l’interview de Sébastien Lecornu dans Le Parisien, déplore-t-elle. Il y a eu un long silence, alors nous l’attendions impatiemment. Il y a de légères ouvertures, mais pas d’évolution sur la justice fiscale et sociale, rien sur les bas salaires. Il présente la taxe Zucman comme un épouvantail, ce qui n’est pas le cas. Alors oui, je suis déçue ». Cependant, la présidente de la Région Occitanie espère encore une évolution positive. « Cette surdité aux attentes des Français ne peut pas durer. Une nouvelle dissolution serait une mauvaise nouvelle pour la France et affaiblirait la place du pays au niveau européen », ajoute-t-elle.  

Le Secrétaire général du PS présent pour la première fois. Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, s’est rendu pour la première fois aux Rencontres de la Gauche. Une venue attendue en forme de « reconnaissance pour tout le travail qu’on mène depuis 5 ans, estime Carole Delga. Chaque année, il était invité. Cette année, il est là. De mon côté, rien n’a changé. En 2022, je n’étais ni macroniste ni mélenchoniste, c’est toujours le cas ».  

L'arrivée à Bram des chefs de partis : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier ou encore Guillaume Lacroix.
©Jules Mestre (Les Indiscrétions)

Marine Tondelier appelle à un seul candidat pour la gauche. « Il faut organiser une primaire à gauche, et choisir un seul et même candidat. Aucun candidat de gauche ne doit faire bande à part. Je pense à Jean-Luc Mélenchon, mais aussi à Raphaël Glucksmann ici présent », lance-t-elle. Sifflée au moment d’évoquer le leader insoumis, elle milite cependant pour de plus amples discussions au sein des gauches. « Je préfère que nous parlions maintenant de nos désaccords pour avancer ensemble, plutôt que d’avoir Le Pen, Bardella ou « celui-qui-ne-sera-pas-en-prison » (Sarkozy, ndlr) à l’Élysée en 2027 ». Pour Carole Delga, « le sujet n’est pas le périmètre de la primaire, mais plutôt le fond, pour changer de politique gouvernementale ».  

Glucksmann grand fan de Delafosse. Lors de l’une de ses prises de parole, Raphaël Glucksmann n’a pas manqué de saluer les différents chantiers entrepris par Michaël Delafosse, maire (PS) de Montpellier et président de la Métropole de Montpellier : « Ce que fait Michaël Delafosse à Montpellier, avec la gratuité des transports, la mutuelle communale ou le logement social, ça montre bien ce que la gauche peut faire pour les plus démunis. À votre avis, pour qui ces gens-là vont revoter en 2026 ? », souffle-t-il. De son côté, lui semble toujours décidé à se lancer seul dans la course à la présidentielle.  

Pour Faure, pas touche aux personnes fragiles. « Si le gouvernement n’arrête pas de pénaliser les malades, les personnes âgées, les personnes les plus précaires, nous le censurerons », lance-t-il. Tête d’affiche attendue pour sa première dans la commune de Claudie Faucon-Méjean, le secrétaire général du PS s’est montré plutôt hostile à l’idée d’un rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon. Il a rappelé l’histoire de la gauche, « de la Révolution française à 1981 », soulignant la nécessité d’assumer son identité plutôt que de courir après un rassemblement de façade.  

Guillaume Lacroix ne veut « pas tomber dans le clientélisme électoral ». Peu favorable à un rassemblement des gauches, par peur de « perdre en sincérité », le chef des Radicaux de Gauche s’inquiète de l’héritage laissé aux futures générations : « Les crises financières se multiplient, nos enfants apprennent à se cacher sous les tables en cas d’attaque terroriste, on leur dit de ne pas embrasser leurs grands-parents, sous peine de leur transmettre un virus qui pourrait les tuer ».  

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