
Salle pleine à la préfecture de l’Hérault, le 23 septembre, pour la rentrée économique des Femmes chefs d’entreprise (FCE). Le préfet héraultais François-Xavier Lauch, hôte de la soirée, salue les « héroïnes du quotidien » face à lui. « La conjoncture est difficile, mais le vrai problème de notre pays n’est pas la dette, c’est notre capacité à nous mobiliser pour travailler », explique-t-il.
Inflation sous contrôle, chômage stable. Pascal Tachon, directeur départemental de la Banque de France détaille les dernières prévisions : inflation « sous contrôle », autour de 1 % en 2025, croissance faible mais positive (0,7 %), chômage stabilisé à 7,5 %. Attention toutefois à la dette publique, dont la charge « passera de 30 milliards d’euros en 2020 à 100 milliards en 2030 (55 milliards en 2025) ».
Côté finances personnelles, Marion Chapel-Massot, dirigeante du cabinet DeCarion, a livré des conseils pratiques : arbitrer son épargne face à la baisse de rendement du livret A, anticiper la transmission via le pacte Dutreil, envisager une distribution de dividendes avant fin décembre. « 2025 sera une année de sélectivité et d’anticipation », a-t-elle insisté.
La soirée a aussi mis en lumière des parcours inspirants. Marion Ellul, boulangère à Jacou, a raconté la flambée de sa facture d’électricité – « de 1.400 € à 10.200 € par mois » – et ses difficultés à recruter, tout en rappelant la nécessité d’innover pour séduire une clientèle soucieuse de santé et de produits locaux. Marjorie Malzieu, à la tête du bureau d’études EGE, a témoigné des incertitudes du bâtiment. « Dans mon milieu, quand on signe un contrat, c’est sur plusieurs années. Avec les crises, certains sont suspendus et on perd souvent beaucoup d’argent. Alors on cherche des alternatives : trouver rapidement des petits contrats, à facturer rapidement, qui permettent de payer les salaires. Les équipes se projettent plus sur du court terme », développe-t-elle. Anne Ferrer, directrice du CHU de Montpellier, a insisté sur le besoin de « donner un cap clair et partagé » malgré un déficit post-Covid. Gwénola Ster, gestionnaire d’établissements de santé dont un à Lamalou-les-Bains, a raconté comment transformer les contraintes territoriales en opportunités, avec une maison sport-santé déjà forte de 1 000 adhérents. Enfin, Dominique Sanchez, opticienne et franchisée Afflelou, a illustré l’ « agilité » par 40 ans d’entrepreneuriat familial et d’anticipation permanente.
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« La baguette à 29 centimes ? Elle nous fait du bien ». Paradoxalement, Marion Ellul estime que la mise en vente de baguettes à 29 centimes dans la grande distribution peut faire du bien à son domaine. « Elle pousse à une remise en question. Ça fait parler du pain, on essaye de s’en servir comme d’un rebond. Est-ce que c’est le prix de la santé des consommateurs ? Je ne suis pas sûre », livre-t-elle.
« Le vrai courage, c’est de savoir quelle est la cible sur le long terme, et embarquer les gens. Nous avions une vingtaine de millions d’euros de déficit au CHU de Montpellier. Pour se relever, nous avons donné un cap pour moderniser les murs et mieux accueillir les patients, permettre aux soignants de mieux exercer », raconte Anne Ferrer.