
La gratuité des transports en commun, appliquée dans la métropole de Montpellier, est remise en question par un récent rapport de la cour des comptes, intitulé « La contribution des usagers au financement des transports collectifs urbains ». Les magistrats privilégient des tarifications solidaires « en faveur des personnes percevant les revenus les moins élevés ». S’agissant du report modal (la gratuité diminuerait le nombre de voitures), « la gratuité a pour effet d’augmenter les transports collectifs urbains, mais principalement dans les centres urbains pour des déplacements de courte distance, soit davantage au détriment de la marche et de l’usage du vélo que de la voiture, comme le montrent différents retours d’expérience en Europe et en France », peut-on lire. Sur le plan budgétaire, « l’instauration de la gratuité est très coûteuse car elle s’accompagne de pertes de recettes tarifaires importantes et de coûts supplémentaires liés au nécessaire renforcement du réseau existant, davantage sollicité ».
Delafosse : « Plus de 40 réseaux en France et en Europe ». Réaction immédiate de Michaël Delafosse, maire-président de Montpellier Méditerranée Métropole, qui avait fait de la gratuité des transports son engagement phare en 2020. « La gratuité des transports en commun est mise en place dans plus de 40 réseaux dans notre pays et ailleurs en Europe : Luxembourg, Tallinn… »
« La gratuité repose sur un modèle économique solide et soutenable, principalement financé par le versement mobilité, dont le dynamisme local couvre sur la période 100 % des charges d’exploitation du réseau. Le choix de la gratuité des transports fait par Montpellier a été conçu dès l’origine comme partie prenante d’une approche globale des mobilités décarbonées, avec la mise en service depuis mai d’une ligne de bustram, le 18 octobre l’extension de la ligne 1 vers la gare Sud de France et le 20 décembre la mise en service de la 5e ligne de tramway. » Par ailleurs, « la gratuité des transports, depuis sa mise en œuvre, conduit à une hausse de la fréquentation des transports en commun de plus 27%, augmentation mesurée un an après sa mise en œuvre ».
Au mois d’octobre, une enquête de Mobility Metrix, « dont la méthodologie est partagée par le Cerema, viendra montrer que la gratuité des transports contribue à réduire de manière conséquente la part de la voiture, d’augmenter la marche et le vélo », affirme-t-il.
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Medef Occitanie : « le sujet, c’est de desservir les zones d’activité ». Pour Samuel Hervé, président du Medef Occitanie et dirigeant d’Akté Services (restauration collective, Vendargues – 34), « le sujet, c’est la desserte des zones d’activités, pour que les bas salaires puissent se rendre sur leur lieu de travail en transport en commun. Les zones d’activité ne sont pas desservies comme elles devraient l’être. Les travailleurs pauvres, ça existe aussi, et ils méritent d’être aidés. Des apprentis ou des bas salaires m’ont présenté leur démission, ou ont décliné une offre d’emploi, car la voiture leur coûte trop cher et l’offre de transport est insuffisante ou inexistante. Or, ce sont les entreprises qui paient le Versement Mobilité ! »