Dès le début de l’été, la France connaît un nombre record de cas autochtones de chikungunya. 228 recensés au 26 août, contre 154 une semaine plus tôt et 115 mi-août, rapporte Santé Publique France. En Occitanie, plusieurs foyers de chikungunya et de dengue ont été confirmés, ainsi que deux cas humains de fièvre du Nil occidental à Florensac et Agde, apprend-on dans les colonnes d’Ici ce 30 août.
Misarbo : une réponse locale. Face à cette progression, la Région Occitanie et la Métropole de Montpellier déploient Misarbo (Méthodologie innovante de surveillance des arbovirus), un programme de biosurveillance territoriale. L’objectif est de détecter les virus dans l’environnement, avant l’apparition de cas humains ou animaux.
Comment ça marche ? Le dispositif s’appuie sur trois leviers. Tout d’abord par l’analyse des eaux de gîtes larvaires et de zones humides, puis le piégeage de moustiques par xénomonitoring (surveillance des maladies en testant les insectes piqueurs pour détecter l’ADN ou l’ARN de pathogènes) et enfin par la surveillance des eaux usées.
Des résultats déjà probants. Le dispositif Misarbo identifie en 2024 le virus du Nil occidental dans 11 communes, plusieurs semaines avant des cas cliniques. Ces alertes environnementales précoces permettent aux autorités de cibler les interventions et de réduire l’impact sanitaire et écologique des opérations.
Trois acteurs montpelliérains à la manœuvre. La biotech montpelliéraine IAGE développe les protocoles de détection par PCR digitale. Altopictus, entreprise spécialisée dans la surveillance contre le moustique tigre, déploie les pièges à moustiques et assure la surveillance entomologique. L’Unité PCCEI de l’Université de Montpellier et l’Inserm valident ensuite scientifiquement les données.