Florence Lévy-Cadenel, Fédération Nationale de l’habillement (FNH)

8 septembre 2025
Florence Levy

« Face à Temu et Shein, il faut une évolution législative »

Dirigeante de l’enseigne Jeans Center à Nîmes (30) et petite-fille du fondateur de Rica LewisFlorence Lévy-Cadenel, nouvelle présidente de la Fédération nationale de l’habillement (FNH) Occitanie, se confie aux Indiscrétions sur sa volonté de défendre les 1.928 commerces indépendants de la région. Les défis ne manquent pas, face aux assauts de la mode éphémère (fast fashion, en français 2025), à l’érosion du pouvoir d’achat et aux enjeux d’attractivité des centres-villes. « Trois questions à… », la rubrique où le tutoiement est de rigueur.  
 

Florence, quelles sont tes priorités à la tête de la Fédération Nationale de l’habillement Occitanie ?

Mon rôle à la fédération est de faire plus de politique au sens large : porter la voix des commerçants auprès des décideurs politiques, pendant que les présidents départementaux de la fédération recrutent et fédèrent. À ce jour, les soldes d’hiver se déroulent en plein milieu de la saison, en janvier. Il serait plus intéressant de les mettre au début de l’hiver afin que les achats servent réellement au consommateur durant toute la saison. Je souhaite aussi un meilleur encadrement des promotions. Face aux plateformes comme Temu ou Shein (enseignes de mode éphémère), qui déstabilisent le commerce indépendant, j’appelle à une évolution législative pour encadrer les grandes enseignes.  

Tu es également engagée sur la question de la revitalisation des centres-villes. Quelle est ta position sur ce sujet complexe ?  

Je siège à la CCI du Gard et je participe aux réunions mensuelles organisées par la mairie de Nîmes avec les associations de commerçants. Oui, nous sommes favorables à la mobilité douce, mais il faut que les centres-villes restent accessibles. Sinon, les commerces souffrent. Et il faut parler de la sécurité : aujourd’hui, nous avons des voleurs presque tous les jours, c’est dramatique.  

Comment accompagnes-tu les commerçants indépendants dans ce contexte difficile ?

Plus on est rassemblés, plus on est forts. J’incite les commerçants à rejoindre la fédération et à profiter des formations proposées par la chambre de commerce. Je reste en revanche sceptique sur la course au digital. Vendre sur Internet est un métier différent de celui de détaillant. Je préfère parler de vitrine en ligne, qui incite à venir en magasin. Être commerçant, c’est être un couteau suisse. Il faut savoir faire une feuille de paie, un contrat, gérer un ordinateur, acheter, vendre…  

  

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