Transport maritime : le « dumping commercial » de GNV dans le viseur de parlementaires méditerranéens

8 septembre 2025

Actif sur le port de Sète, avec plusieurs liaisons maritimes opérées vers le Maroc et l’Algérie, l’italien Grandi Navi Veloci est dans le viseur de parlementaires méditerranéens, pour ses pratiques commerciales jugées anticoncurrentielles.
« Depuis plusieurs années, une guerre silencieuse se joue sur les mers de Méditerranée, écrivent-ils dans une tribune publiée dans nos confrères du Marin, ce 2 septembre. Elle n’oppose pas seulement des navires, mais deux visions du commerce : d’un côté, celle des opérateurs maritimes soucieux de rentabilité, d’équité sociale, de souveraineté nationale. De l’autre, celle d’un acteur soutenu par un géant financier qui, ligne après ligne, brise les équilibres des entreprises naturellement durables.
Cet acteur, c’est GNV (Grandi navi veloci), filiale du groupe MSC. En trois ans, GNV a perdu plus de 500 M€, dont 257 millions en 2024, sans jamais freiner sa course à l’expansion. Pourquoi ? Parce qu’elle peut se le permettre : MSC injecte massivement du capital (290 M€ en 2024), couvrant les pertes abyssales sans exiger de rentabilité à court terme. Ce comportement, totalement décorrélé des règles économiques usuelles, a un nom : le dumping prédatoire. De la desserte du Maroc et de l’Algérie depuis Sète à la desserte des Baléares, GNV applique la même recette : une agressivité commerciale unique, une flotte abondante, et zéro obligation sociale locale. »

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« Dans un marché concurrentiel normal, cela mènerait à la faillite. Dans le cas de GNV, cela mène à la conquête de parts de marché, quitte à ce que les concurrents respectant, eux, les règles fiscales, sociales et commerciales, disparaissent.
En France, les compagnies françaises championnes de l’emploi de marins français et du pavillon français, en font l’expérience brutale. La France perd du terrain, le pavillon national recule, au profit d’une compagnie opérant sous pavillon italien, avec des marins sous contrats low-cost et totalement soutenu par un actionnaire basé en Suisse.
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