
Mieux agir contre les épilepsies résistantes, en bloquant un canal dans les tissus malades et qui déclenche les crises. C’est l’innovation portée par la biotech nîmoise PannTheraPi, désormais aux portes de l’étude clinique pour son candidat-médicament ciblant la dysplasie corticale focale, une forme rare et résistante d’épilepsie.
Alors que le dossier de pré-soumission auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament a été finalisé pour discuter du protocole de l’essai clinique, la biotech cherche à lever 10 M€. Sur ces 10 M€, « nous avons déjà sécurisé 6 M€, dont jusqu’à 5 M€ en investissement européen via l’EIC Accelerator », programme de soutien aux PME innovantes européennes, explique Elsa Brillaud, cofondatrice et directrice générale de PannTheraPi. Les 4 M€ encore recherchés ciblent des capitaux-risqueurs, des fonds de gestion ou des particuliers.
L’opération financera cet essai, prévu pour démarrer le premier quadrimestre 2026, et accélérera le développement d’un portefeuille de molécules visant des maladies neurologiques et psychiatriques, comme la sclérose en plaque ou les douleurs chroniques.
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La découverte repose sur les travaux de deux cofondateurs, Nathalie Rouach, directrice de recherche au Collège de France, et le neurologue-épileptologue Gilles Huberfeld. Tous deux ont comparé des échantillons de tissus sains et malades, à partir de parties de cerveaux retirés par les chirurgiens aux malades pour tenter de soigner leurs crises d’épilepsie. Il a été observé que le tissu pathologique prélevé… continuait à générer des crises in vitro. « Ils ont découvert une protéine surexprimée dans le tissu malade. C’est un canal qui s’ouvre lorsque surviennent les crises. » La biotech a développé des molécules pour bloquer ce canal dans sa forme activée, et stopper ainsi le déclenchement de la crise.
La gouvernance de la biotech va évoluer, avec le départ annoncé de Luc-André Granier, une fois la levée de fonds terminée.