
Une solution antibactérienne à base de bactériophages, ces ‘prédateurs de bactéries’, pour éliminer celles qui sont pathogènes et dangereuses dans les eaux usées. Cette innovation, une solution basée sur la nature et recours possible aux produits chimiques, est portée par Greenphage, startup fondée en 2017 par Denis Costechareyre. Les bactériophages injectent un matériel génétique dans la bactérie cible qui détruit cette dernière et attaque les bactéries environnantes.
Pour passer au stade industriel, la biotech, hébergée dans la pépinière Cap Alpha de Montpellier Méditerranée Métropole, lève fin juillet 1,9 M€ auprès d’IRDI Capital Investissement, Sofilaro (Crédit Agricole du Languedoc), Sud Mer Invest (Banque Populaire du Sud) et Environnement Massif Central. Au total, le plan de financement doit atteindre 4 M€, via des prêts bancaires et des dispositifs d’aide à l’innovation et à l’industrialisation, notamment auprès de Bpifrance et de la Région Occitanie.
Objectif : accélérer la mise en marché de traitements anti E.coli, renforcer l’équipe de R&D pour développer de nouvelles solutions naturelles de traitement en santé humaine – lutte contre l’antibiorésistance -, et mettre en service, à partir d’octobre, une unité de production de bactériophages d’une capacité de 1.500 litres par semaine, à même de traiter 100 à 150 sites. Cette unité sera implantée sur place, dans la pépinière d’entreprises Cap Alpha.
Greenphage, qui emploie 6 salariés, experts en microbiologie, dispose d’un laboratoire à Clapiers, à côté de Montpellier, où se trouve une série de bioréacteurs dans lesquels sont cultivés les bactériophages. La technologie est issue du laboratoire d’écologie microbienne de Lyon (CNRS, IRB, Université Lyon 1), et de collaborations avec l’Inrae, le Cirad, l’Inserm, le CHU de Nîmes.
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« Nos premiers clients sont des stations d’épuration dans le Gard et en Bretagne. Dans cette région, notre solution est utilisée par un industriel des volailles, un secteur où les effluents sont chargés en bactéries, explique Pascal Peny, directeur. Le traitement de ces effluents et eaux usées permet de préserver les activités littorales comme la baignade ou la production conchylicole. L’optimisation des méthanisations complète le spectre d’intervention pour le secteur de l’environnement. »