Jean-Marie Chabaud, prévention des entreprises en difficulté

25 août 2025

Alors que les nuages s’amoncellent dans le ciel des TPE et PME, un CIP (centre d’information sur la prévention des difficultés des entreprises) va être créé dans les prochains mois dans le Gard, indique aux Échos Jean-Marie Chabaud, président du CIP national, et également avocat nîmois spécialisé en droit commercial et président du Cercle Mozart Nîmes. 
« Le besoin a été manifesté par la CCI Gard dès janvier. Nous avons acté que nous serions partenaires de la CCI au plan local, indique Jean-Marie Chabaud. Le CIP Gard, qui englobera aussi Alès, sera effectif avant la fin de l’année. Les réunions avec les chefs d’entreprise en difficulté se dérouleront au nouveau siège de la CCI Gard, à Nîmes. »

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Selon Jean-Marie Chabaud, les secteurs de l’immobilier, du bâtiment, de la restauration et des commerces de bouche sont « de plus en plus impactés par les procédures collectives en 2025. Des entreprises plus installées, plus importantes en effectifs et en chiffres d’affaires, sont impactées (13 entreprises de plus de 30 ans d’existence ont fait l’objet d’une procédure collective entre janvier et mai, selon les derniers chiffres du tribunal de commerce de Nîmes, ndlr). C’est un marqueur de 2025. Cela signifie que davantage de créanciers sont concernés ». 

Les CIP (63 en France) sont des associations composées de professionnels bénévoles : avocats, experts-comptables, anciens juges au tribunal de commerce et experts des chambres consulaires. À Nîmes, Jean-Marie Albouy, ex-président du tribunal de commerce de Nîmes, sera le chef de file des juges, Jean-Pascal Pellegrin représentera les avocats et Nicolas Alteirac (président d’Initiative Gard) les experts-comptables. D’autres CIP sont en projet, à Lille et dans les territoires d’outre-mer notamment.
> Sur le même sujet : « Marc Aufort, prévention », Les Indiscrétions du 7 juillet, en cliquant là.

Jean-Marie Chabaud insiste sur la nécessité de prévenir les difficultés des entreprises. « Ce n’est pas assez mis en œuvre par les dirigeants d’entreprises. Or, les mandats ad hoc ou les procédures de conciliation connaissent 70 % de réussite, alors que 90 % des procédures collectives se terminent par une liquidation. Il en va de l’économie comme de la médecine : la prévention permet d’éviter les maladies plus graves. Mais il faut encore lever des freins psychologiques, notamment liés aux craintes sur le risque réputationnel. » Auprès des CIP, les procédures amiables sont « confidentielles, non-publiées (ni sur les extraits KBIS ni au Bodacc – bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Les créanciers n’ont pas connaissance de la démarche. Enfin, l’entrepreneur peut choisir ses interlocuteurs », insiste Jean-Marie Chabaud. 
Dans le Gard, les procédures collectives ont augmenté de 7,4 % lors des cinq premiers mois de 2025 par rapport à la même période en 2024. Les créances non recouvrées s’élèvent sur cette période à 63 millions d’euros (+ 83 % par rapport aux cinq premiers mois de 2024). 

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