
Lutter contre l’offensive massive des plateformes e-commerce, contre les linéaires croissants de tacos, barbiers et autres bars à chicha, en donnant davantage de pouvoirs aux maires et en activant des acquisitions de cellules commerciales stratégiques, comme l’a détaillé Hélène Audibert, adjointe au maire de Toulon, avec l’exemple réussi de la reconquête de la rue Pierre-Sémard ; Développer de nouvelles formes d’attractivité et de rayonnement des centres-villes, par exemple, comme le souligne Alban Zanchiello (Ville de Montpellier), « en créant des lieux et des adresses ‘instragrammables’, et en installant en centre-ville des services de santé et des enseignes de bricolage, correspondant à des attentes fortes des consommateurs ». Voici des exemples de thèmes abordés lors des Assises nationales du Centre-Ville, qui se sont déroulées du 20 au 22 mai à Montpellier.
« Nos centres-villes sont en danger, explique Philippe Laurent, maire de Sceaux (92) et président de l’association Centre-Ville en Mouvement, organisateur de l’événement, appelant sur son blog à ‘l’urgence d’une politique volontariste pour sauver les commerces de nos villes’. Chaque jour, des commerces ferment, étranglés par des loyers exorbitants, des propriétaires peu scrupuleux et des charges insoutenables. Derrière ces rideaux baissés, c’est bien plus que des entreprises qui disparaissent : ce sont des lieux de vie, des emplois, un tissu économique et social qui s’effiloche. Face à cette réalité alarmante, les pouvoirs publics doivent agir, et vite. Avec l’augmentation du commerce en ligne et les changements accélérés par la crise du Covid, les Français ont profondément modifié leur manière de consommer. L’achat en ligne s’est généralisé notamment dans le textile, et les consommateurs recherchent désormais bien plus que l’achat d’un simple produit : ils attendent une expérience, un partage, un service personnalisé et une proximité que seules les boutiques physiques peuvent offrir. »
« Créer les conditions de l’investissement ». « L’un des enjeux pour les maires, c’est de créer les conditions de l’investissement économique en centre-ville, pour donner une expérience de centre-ville », complète Michaël Delafosse. Selon le baromètre CSA / Cityz Média, les gens recherchent désormais, dans un centre-ville, « des moments qualitatifs, pour retrouver des proches, flâner… Mais il n’y a pas de lien direct entre fréquentation du centre-ville et actes d’achat, prévient Julie Gaillot (CSA). Le lien entre achat responsable et achat en centre-ville n’est pas encore fait. » Selon Philippe Laurent, « les commerçants sédentaires doivent réfléchir à des évolutions, pour capter les nouvelles populations qui se rendent aux terrasses des cafés ». Le sociologue David Lestoux pointe par exemple le fait que les commerces de centre-ville sont en moyenne fermés « sur 80 % du temps libre des consommateurs potentiels ».
> Sur le même sujet : l’article de notre consœur Valérie Grasset-Morel, pour Localtis (Banque des Territoires).
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Extrait de la tribune de Philippe Laurent : « Notre association Centre-Ville en Mouvement composée de maires, d’élus locaux et de partenaires, livre un constat implacable : la spéculation immobilière, qui fait fi de ces considérations, pèse de plus en plus lourdement sur nos commerces de proximité. Trop souvent, les petits commerçants, les artisans et les entrepreneurs indépendants sont contraints de fermer faute de pouvoir assumer des loyers en augmentation, au fur et à mesure que les maires aménagent l’espace public. Pendant ce temps, les grandes enseignes et les investisseurs financiers, bénéficiant de moyens bien plus importants, prétendent redessiner nos centres-villes au détriment de l’intérêt général et de la diversité et de la vitalité commerciales. »