Olivier Sarlat, Veolia Eau

15 septembre 2025
Olivier Sarlat Veolia

Usine de dessalement à Béziers, Maera à Lattes : « Monsieur Veolia Eau » dit tout 

Le directeur de Veolia Eau en Occitanie et Paca, également président du pôle de compétitivité Aqua Valley, détaille aux Indiscrétions le projet d’usine de dessalement d’eau saumâtre à Béziers – Les Indiscrétions du 1er septembre, à croquer ici.– et l’avancée du chantier de la station d’épuration Maera, à Lattes.  
« Trois questions à… », la rubrique où le tutoiement est de rigueur.  

Olivier, peux-tu détailler ce projet d’usine de dessalement d’eau saumâtre dans le Biterrois ?

Il s’agirait d’une première en France. Les études sont lancées avec Béziers Méditerranée et des bureaux d’études pour une usine de dessalement d’eau saumâtre. Aujourd’hui, Béziers Méditerranée a des forages, exploitant les eaux souterraines. Du fait du changement climatique, de l’évolution démographique et économique de l’agglomération, il faut anticiper un manque d’eau qui pourrait survenir, si rien n’est fait, d’ici 10 à 20 ans. Se pose un double enjeu : une meilleure gestion des forages existants, par une gestion prédictive des volumes prélevés, et la question de la diversification de la ressource. Nous avons donc proposé à la collectivité d’étudier un projet de dessalement de l’eau saumâtre de l’estuaire de l’Orb.

Pourquoi vouloir dessaler spécifiquement de l’eau saumâtre, et pas d’eau de mer ?

L’eau saumâtre n’est ni une eau douce, ni une eau salée. Elle compte entre 5 et 10 grammes de sel par litre, et demande moins d’énergie que le dessalement de l’eau de mer, plus chargée en sel. Dessaler une eau saumâtre est 4 à 5 fois moins énergivore.  
Autre avantage : le rejet de l’eau concentrée en sel. L’eau de mer compte 30 grammes de sel par litre. Une usine de dessalement d’eau de mer rejette 70 grammes de sel par libre. Avec une usine de dessalement d’eau saumâtre, on rejetterait une eau comptant entre 10 et 20 grammes de sel par libre. Cette eau rejetée resterait donc moins concentrée en sel que l’eau de mer, et serait sans impact pour l’environnement. 
Les études déboucheront sur. un avant-projet détaillé. Au final, la collectivité décidera de la mise en œuvre du projet. Le contrat remporté par Veolia auprès de Béziers Méditerranée débute le 1er janvier 2027.

Veolia en région, c’est aussi le chantier de modernisation et d’extension de Maera (Lattes -34), un beau bébé à 165 M€. Quelles sont les spécificités propres à ce chantier ?

Ce marché global de performance attribué par Montpellier Méditerranée Métropole est l’un des plus significatifs pour Veolia actuellement en France. Cette station, une fois livrée, produira deux fois plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Elle a été pensée pour être évolutive. 
Les chaleurs fatales produites vont être récupérées et mises à disposition de la Serm pour alimenter le réseau de chaleur. Il y aura une unité de réutilisation des eaux usées traitées, qui va pouvoir produire une quantité d’eau équivalente à la consommation d’une ville de 25.000 habitants. Si demain, la collectivité pourra réorienter les flux. Alors que ces eaux usées traitées prendront le chemin d’un émissaire en mer, on pourra demain inverser la donne, en la restituant au territoire.  
Le montant actualisé des travaux s’élève à 165 M€, et 80 M€ pour l’exploitation sur 9 ans. La mise en service est prévue fin 2027. Ce chantier mobilise un groupement d’entreprises avec, aux côtés de Veolia, Razel Bec, Egis, Merlin, Dalkia, GTM.  
J’ajoute que le chantier couvre plusieurs thématiques cruciales : le passage à une capacité à 650.000 équivalents habitants redonne la possibilité d’attribuer des permis de construire, la production de chaleur réinjectée dans le réseau GRDF, la préparation du Lez, la préservation du milieu marin avec une surveillance accrue sur l’émissaire en mer…  
Veolia emploie 272 salariés dans sa nouvelle direction régionale, à Mauguio (34). 

  

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